Illustration : l'écriture inclusive

En tant qu’écrivain·e public·que, mon travail est de produire des textes qui reflètent les attentes, les besoins, les orientations… de mes client·es. Je dois être, d’une certaine façon, invisible.

Par conséquent, il ne me viendrait pas à l’idée de refuser d’écrire de manière inclusive si cela m’est demandé. Par contre, qu’en est-il avec les client·es qui ne soulèvent pas cette questions d’elleux-mêmes ?

Qu’est-ce que l’écriture inclusive ?

L’écriture inclusive désigne l’ensemble des attentions graphiques et syntaxiques permettant d’assurer une égalité des représentations entre les femmes et les hommes.

Source : https://www.ecriture-inclusive.fr

Il est possible de pousser la définition plus loin en y ajoutant qu’elle a également vocation à assurer la visibilité et l’égalité des représentations entre les femmes, les hommes et les personnes non binaires.

L’écriture inclusive est donc une forme de communication écrite à vocation politique. Elle est portée par de nombreuses associations féministes et LGBTQI+. Par contre, elle n’est pas soutenue par l’Académie Française qui y voit un risque, celui d’aboutir à une « langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité » (Source). Le gouvernement quant à lui s’est prononcé contre son usage dans les textes officiels (Source).

Si vous souhaitez en apprendre davantage sur l’écriture inclusive, vous pouvez consulter les sites suivants (il est possible d’en trouver bien d’autres sur Internet, évidemment) :

Pixiplume et l’écriture inclusive, comment ça se passe ?

En tant que femme et en tant que rédactrice, j’ai bien évidemment une position sur la question de l’écriture inclusive. Toutefois, en tant que professionnelle de l’écriture, j’ai aussi une obligation : répondre aux demandes de mes clients.

Alors concrètement, ça se passe comment ?

Comme je l’ai déjà dit, lorsqu’un client me demande d’écrire de façon inclusive, je ne me pose pas de question. Quand ielle n’aborde pas le sujet, j’avoue ne pas le faire non plus. Pourquoi ? Tout simplement parce que lorsque j’écris, j’essaie de respecter ces deux règles :

  • Accorder en genre les noms de fonctions, grades, métiers et titres
  • User du féminin et du masculin (énumération par ordre alphabétique, usage raisonné du point médian, recours aux termes épicènes…)

Jusqu’à présent, je n’ai eu qu’un cas où une cliente s’en est plainte, elle trouvait mes phrases trop lourdes lorsque j’utilisais l’énumération et trop peu faciles à lire avec le point médian.

Il est une troisième règle que je tente de mettre en oeuvre : ne pas appliquer la règle selon laquelle « le masculin l’emporte sur le féminin », mais pratiquer l’accord en fonction de la proximité. Sur cette question, je conseille d’ailleurs la lecture de l’article d’Eliane Viennot, « L’invention du masculin qui l’emporte sur le féminin« .

Cette façon d’écrire est la plus difficile à faire passer, j’avoue ne pas toujours y arriver. Et ce d’autant plus que, pour beaucoup, je suis censée écrire dans un français « correct », comprendre : officiellement validé par l’Académie française. Par conséquent, quand je me retrouve à devoir la mettre en oeuvre dans un texte, j’en parle à mes client·es et c’est à elleux de choisir au final. Mais pour éviter cette difficulté, je cherche le plus souvent à construire des phrases qui contournent cette complication.

Mais… Pixiplume : écrivain public, pas écrivaine publique ?

Et oui, bien que je sois une femme, c’est « écrivain public » que vous pouvez lire sur ce site. Pourquoi ? Tout simplement pour être plus visible sur le web.

Selon le site ranxplorer, le nombre de recherches mensuelles « écrivain public » est de 1900. Il est de 10 pour « écrivaine publique ». Pour « rédactrice web », il est de 170, contre 1300 pour « rédacteur web ». On pourrait d’attendre à avoir mieux avec « rédaction web », qui n’est pas genre, mais le résultat est décevant : 370 recherches mensuelles…

Alors j’avoue, j’ai sacrifié l’écrivaine publique que je suis sur l’autel du référencement naturel. Mais il faut parfois faire des choix, et j’ai dû faire celui-là : optimiser les mots-clés de mon site au détriment de mes principes. J’espère néanmoins pouvoir un jour changer cela, sans que ma visibilité sur le web n’en soit affectée. Oui, j’aime imaginer qu’un jour, les internautes chercherons tout autant « écrivaine publique » que « écrivain public ». Mais il y a encore du chemin à parcourir…

Crédits photographiques : © OpenClipart-Vectors – Pixabay.com

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